Un bouclier vital pour l'enfant de maternelle

Publié le par Sarah de Normandie


À compter du 1er janvier 2012, les poules pondeuses de l'Union européenne devraient théoriquement disposer d'un peu plus de place dans les cages collectives des élevages en batterie.
Elles vont passer de 550 cm2, soit la surface d'une feuille A4, à 750 cm2.
L'europe veille à l'espace vital des poules, on est content pour elles...

Septembre 2011, une collègue accueille 32 élèves de grande section dans sa classe parisienne de 40 m2.
1,25 m2 par enfant...
Il n'y a pas d'autres alternatives : les enfants vont passer une année d'école vissés sur une chaise, à chuchoter.
Pas de coins jeux, pas de déplacements, pas d'échanges possibles.
À 5 ans.


Janvier 2012, deux collègues sont absents dans cette école d'une grande ville nouvelle.
Il n'y a pas de remplaçant.
Les enfants sont alors répartis dans les autres classes : 38 élèves pour tout le monde.
Une école entière privée d'enseignement.
Une batterie entière d'enfants de 3 à 5 ans va passer une journée dans des conditions de vie, de sécurité inimaginables.
Une journée puis une autre ici ou ailleurs.

Heureusement qu'il y avait quelques malades ce jour là !

C'est d'ailleurs un argument récurrent : en maternelle, on peut gonfler les classes parce qu'il y a des malades...

Les enfants français sont alors vraiment excessivement malades, parce que nul part en Europe, on n'entasse ainsi les élèves. 

La moyenne européenne pour le préprimaire est de 1 enseignant pour 14,3 élèves !
Aucun pays européen ne traite si mal ses enfants, j'oserais dire pour l'avoir vécu : aucun pays de l'UE ne les maltraite autant.



(Regards sur l'éducation 2011 OCDE)

Et si après les poulets, on s'occupait un peu de nos enfants...

Fixons 2 seuils vitaux pour les élèves de maternelle  :

Un nombre de m2 par enfant en dessous duquel on ne peut descendre (on arrive bien à l'imposer pour les poulets, pourquoi pas chez les humains).

Un nombre d'enseignant par élève qui permette les apprentissages et une sécurité tant physique qu'affective :
un enseignant pour 25 élèves.


(Mais on ne demande pas mieux que de s'aligner sur les taux d'encadrement d'un modèle de réussite en matière d'éducation : la Finlande avec son enseignant pour 11,2 élèves en préprimaire...)

Après avoir garanti ces minimums vitaux pour l'enfant, on pourra parler d'apprentissages, de réussite scolaire et de la nécessaire formation des enseignants à la maternelle.

Allez, chiche !

 

 

 

 

 

A titre personnel :

Cette année, j'ai 29 élèves dans ma classe à double niveau, dont un enfant autiste sévère. Et il est très rare que l'un d'entre eux soit malade, contrairement à ce qu'on voudrait laisser entendre. Et tous viennent toute la journée, cantine comprise pour 9 enfants/10, et garderie péri-scolaire pour la moitié d'entre eux. Je n'ai pas eu moins de 28 élèves dans ma classe depuis ma reprise en 2007, le summum ayant été atteint l'année dernière avec 32 enfants et toujours un enfant autiste en intégration. Ce sont des conditions de vie qu'aucun adulte ne supporterait, je peux vous l'assurer. Mais ce sont ces conditions-là que nous faisons subir à nos enfants, c'est de cette façon-là qu'on les accueille à l'école et que nous formons les adultes de demain.

Publié dans Coup de gueule

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miaoulechat 10/02/2012 11:43


c'est tellement vrai, ............

tic@ 19/01/2012 11:25


Chère Sarah, j'aime ton indignation et tes coups de gueule. Evidemment, je suis de ton avis, que ne sautait l'être!